Table of Contents
- Une certification informatique gratuite est-elle reconnue par les recruteurs ?
- Les trois familles de certifications faciles, et le défaut de chacune
- Pourquoi un badge que tout le monde peut avoir ne vaut rien : la théorie du signal
- Faut-il éviter les certifications informatiques gratuites ?
- Le vrai coût d'une certification gratuite : votre temps
- Comment savoir si une certification informatique vaut quelque chose ? Le test en 3 questions
- Et Formip, dans tout ça ?
- Certification informatique gratuite : ce qu'il faut retenir
Une certification informatique gratuite sert à apprendre, pas à prouver. Un recruteur ne peut pas vérifier ce que vous savez : il cherche un signal, et un papier que tout le monde peut obtenir en un après-midi, sans surveillant ni risque d'échec, n'en envoie aucun. Voici les trois familles de certifications « faciles », ce que leurs propres éditeurs en disent, et le test en trois questions qui permet de juger n'importe quelle certification avant de cliquer sur « s'inscrire ».

Sur LinkedIn, ces badges sont partout : certificats de fin de cours, badges gratuits, certifications « Fundamentals ». Les CV s'allongent, et pourtant les entretiens n'arrivent pas. Le problème n'est pas que ces certifications soient fausses. Elles sont vraies. Le problème, c'est qu'elles ne prouvent rien.
Je suis assez mal placé pour vous le dire : je dirige Formip, un organisme de formation partenaire Cisco depuis 2017. Faire passer des certifications, c'est mon métier, et certaines de celles dont il est question ici, je pourrais très bien vous les vendre.
Une certification informatique gratuite est-elle reconnue par les recruteurs ?
Reconnue, oui : le papier existe et il est authentique. Utile pour être embauché, rarement. Ce qui fait la valeur d'une certification n'est ni son prix ni le logo qui l'accompagne, mais l'épreuve qui la délivre. Pour le voir, il faut regarder les trois familles de certifications que l'on vous présente comme faciles ou gratuites. Elles n'ont rien à voir entre elles, et chacune a un défaut précis.
Les trois familles de certifications faciles, et le défaut de chacune
1. Le certificat de fin de cours : la preuve que vous avez cliqué sur « suivant »
Vous achetez une formation vidéo sur une grande plateforme de cours en ligne, vous regardez tout, et vous recevez un joli PDF à votre nom. La plateforme la plus connue du secteur est transparente dans son aide en ligne : le certificat n'est délivré que sur les cours payants, elle n'est pas un organisme accrédité, et pour l'obtenir il suffit que chaque élément du cours soit marqué comme terminé.
Pas d'examen, pas de note, rien à rater. Ce certificat prouve que vous êtes allé au bout des vidéos. Le cours peut être excellent ; le papier, lui, ne démontre aucune compétence. Son défaut : personne ne peut échouer.

2. Le badge gratuit : un vrai examen, mais personne ne surveille
La deuxième famille est plus trompeuse, parce qu'elle porte des logos que les recruteurs connaissent. Cisco propose gratuitement le cours Introduction to Cybersecurity, qui se termine par un examen final avec une note minimale à atteindre. Réussi, il donne droit à un badge numérique. Et la page officielle du badge le décrit elle-même comme une reconnaissance de niveau étudiant. Ce n'est pas moi qui le dis : c'est Cisco.
Même logique chez Fortinet : les cours et l'examen de sa certification d'entrée, la FCF, sont gratuits. La FCF a d'ailleurs une qualité que beaucoup de certifications payantes n'ont pas : elle est valable deux ans, ce qui oblige à se remettre à jour.
Le problème est ailleurs. Ces examens se passent en ligne, sur la plateforme du cours, sans surveillant : personne ne vérifie qui est devant l'écran. Et regardez où le badge finit : sur votre profil LinkedIn, en un clic, avec le logo de l'éditeur en grand et votre nom en petit. Dans cette histoire, qui fait la publicité de qui ? Son défaut : l'épreuve n'est pas surveillée.

3. Les certifications « Fundamentals » : surveillées, mais éternelles
La troisième famille est payante, avec un vrai examen surveillé que l'on peut rater. La plus connue est l'AZ-900 de Microsoft, sur le cloud Azure : 99 euros en France, 45 minutes, un examen de concepts plutôt que de configuration. Et une particularité que presque personne ne remarque : selon Microsoft, les certifications Fundamentals n'expirent pas, alors que les certifications de niveau supérieur se renouvellent chaque année.
Une certification qui n'expire jamais, dans le métier qui change le plus vite au monde. Le CCNA, à l'inverse, est valable trois ans : pour le garder, il faut repasser un examen, monter d'un niveau ou cumuler 30 crédits de formation continue. Ce qui ressemble à une contrainte est une garantie : une certification qui expire prouve que son titulaire est à jour. Son défaut : elle ne dit rien de ce que vous savez aujourd'hui.

Pourquoi un badge que tout le monde peut avoir ne vaut rien : la théorie du signal
Rien à rater, personne pour surveiller, pas de date de péremption : ces trois défauts ne doivent rien au hasard. Ils renvoient à un mécanisme décrit en 1973 par l'économiste Michael Spence, prix Nobel d'économie en 2001 : la théorie du signal.
Un recruteur ne peut pas ouvrir votre crâne pour vérifier ce que vous savez. Il dispose d'un CV et d'un entretien, alors il cherche des signaux. Spence montre qu'un signal n'a de valeur que s'il coûte cher à obtenir : pas forcément en argent, mais en effort et en risque d'échec. Si n'importe qui peut l'obtenir en un après-midi sans risque de rater, le signal tombe à zéro. Pas parce que le contenu est mauvais, mais parce que tout le monde l'a.

Prenez le permis de conduire. L'application gratuite du code de la route, avec ses quiz, est géniale pour apprendre. Mais le jour où vous prenez le volant, personne ne vous demande votre score sur l'application. On vous demande le permis : celui que vous avez passé devant un inspecteur, et que vous auriez pu rater.

Faut-il éviter les certifications informatiques gratuites ?
Non, et ce serait la mauvaise conclusion. Les cours gratuits sont excellents pour deux choses. D'abord, tester votre appétit : en quelques heures, vous saurez si le réseau ou la cybersécurité vous passionne ou vous endort. Ensuite, apprendre le vocabulaire : la Cisco Networking Academy propose même en accès libre des cours en autoformation, comme Networking Essentials, qui ouvrent la route vers le CCNA.
Le piège, c'est de confondre deux choses complètement différentes : apprendre et prouver.
Le vrai coût d'une certification gratuite : votre temps
Une certification gratuite ne coûte rien en euros. Elle coûte la chose la plus chère que vous ayez : votre temps. Trois mois à collectionner des badges, ce sont trois mois sans préparer l'examen qui compte. Pendant ce temps, votre CV n'a pas progressé ; il s'est juste allongé.
Le deuxième coût est plus sournois : l'illusion. Chaque badge procure une petite dose de satisfaction et l'impression d'avancer. C'est un jeu vidéo qui vous fait passer des niveaux sans jamais vous faire affronter le boss final. Quand je lis un CV avec quatorze badges gratuits et aucun examen surveillé, je ne vois pas quelqu'un qui prouve. Je vois quelqu'un qui collectionne. Et collectionner, c'est très bien pour les timbres, mais ça ne relance pas un réseau en panne à neuf heures du matin.

Comment savoir si une certification informatique vaut quelque chose ? Le test en 3 questions
- Y a-t-il un examen surveillé ? En centre d'examen, ou en ligne avec un surveillant. Pas un quiz que l'on repasse dans son canapé.
- Peut-on échouer ? S'il n'y a rien à rater, la certification ne prouve rien.
- Est-ce qu'elle expire ? Une certification qui doit être renouvelée dit au recruteur que son titulaire est à jour.
Trois oui : foncez. Un seul non : gardez-la pour apprendre, mais ne comptez pas dessus pour vous faire embaucher.

Appliqué aux exemples de cet article, le test donne ceci :
| Certification | Examen surveillé | Échec possible | Expire | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Certificat de fin de cours | Non, pas d'examen | Non | Non | Pour apprendre |
| Badge Cisco Introduction to Cybersecurity | Non, examen en ligne du cours | Oui, note minimale | Non indiqué | Pour apprendre |
| Microsoft AZ-900 | Oui | Oui | Non, jamais | Pour apprendre |
| Cisco CCNA | Oui | Oui | Oui, au bout de 3 ans | Pour prouver |
Le tableau montre surtout une chose : le prix n'est pas le critère. L'AZ-900 est payante et rate pourtant la dernière marche. Quant au Network+, il coche les trois cases sur le papier, mais sa valeur sur le marché français fait débat : il aura son propre article.
Et Formip, dans tout ça ?
Formip prépare à des examens que l'on peut rater : surveillés, écrits par les éditeurs. Si nous pouvions vous vendre un badge en un après-midi, notre métier serait beaucoup plus simple. Mais ça ne vous ferait pas embaucher. Pour aller plus loin, lisez combien coûte vraiment la certification CCNA, la comparaison entre diplômes RNCP et certifications IT et le parcours pour devenir administrateur réseau.
Le guide des certifications IT de Formip est gratuit, et il est mis à jour en continu.
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Certification informatique gratuite : ce qu'il faut retenir
Une certification informatique gratuite est un excellent outil pour apprendre et un mauvais outil pour prouver. Le certificat de fin de cours n'a pas d'épreuve, le badge gratuit a une épreuve que personne ne surveille, et les certifications Fundamentals n'expirent jamais. Ce n'est ni le logo ni le prix qui compte, mais l'épreuve : surveillée, que l'on peut rater, et qui doit être renouvelée. Le gratuit vous apprend. Le difficile vous fait embaucher.
Sources : FAQ des certificats de fin de cours (Udemy) · Badge Cisco Introduction to Cybersecurity (Credly) · Validité des certifications Fortinet · Renouvellement des certifications Microsoft · Recertification du CCNA · Michael Spence, prix Nobel 2001