Table of Contents
« Je corrige depuis dix ans les examens de ces diplômes. J'ai essayé une fois de mettre une mauvaise note. On m'a accusé de discrimination. Depuis, je mets 14 à tout le monde. »
— un correcteur de jury, anonymisé
Cette phrase, je l'ai relue plusieurs fois avant de la publier. Elle résume un sujet que personne n'aime aborder de front : la valeur réelle des diplômes RNCP en informatique face aux certifications IT internationales.
Je ne suis pas là pour rabaisser qui que ce soit. Je forme des gens aux réseaux depuis des années, je passe des centaines d'appels avec des techniciens bloqués et des personnes en reconversion, et je vois ce qui se passe quand ils arrivent sur le marché. Que tu sois en reconversion, technicien support qui plafonne, ou déjà titulaire d'un diplôme RNCP, ce qui suit peut t'éviter du temps, de l'argent et une désillusion.
Quand tout le monde réussit, le diplôme ne dit plus rien
Le bac comme thermomètre
Un chiffre pour situer le problème. Dans les années 80, le taux de réussite au baccalauréat tournait autour de 66 % (65,9 % en 1980 selon la DEPP). En 2025, il est de 91,6 %. Les candidats ne sont pas devenus un tiers plus intelligents en quarante ans : c'est l'exigence qui a bougé.

Un examen que neuf candidats sur dix réussissent reste un examen. Mais il ne trie plus. Et un diplôme qui ne trie plus ne dit plus rien à un recruteur, quelle que soit sa valeur officielle.
Les diplômes RNCP en informatique
Dans l'IT, les diplômes RNCP les plus courants sont :
- le TAI (Technicien d'Assistance Informatique), niveau bac ;
- le TSSR (Technicien Supérieur Systèmes et Réseaux), bac +2 ;
- l'AIS (Administrateur d'Infrastructures Sécurisées), bac +4.
Sur le papier, ce sont des titres reconnus par l'État. Sur le terrain, leur valeur dépend entièrement de la façon dont ils ont été obtenus. Et c'est là que ça se complique.
Ce qui se passe dans les jurys
La pression au taux de réussite
Le correcteur cité en ouverture n'est pas un cas isolé. Un autre membre de jury a reçu un message de sa direction lui reprochant ses mauvaises notes, avec ce sous-entendu : noter sévèrement pourrait passer pour de la discrimination.
Le mécanisme est simple. Un organisme qui présente des candidats à un titre RNCP est jugé, financé et référencé sur son taux de réussite. Chaque échec est une mauvaise ligne dans un tableau. Alors la pression descend jusqu'au jury, et le jury finit par valider.
Ce que ça produit
- Des diplômés qui ne maîtrisent pas les bases de leur propre domaine.
- Des titres qui ne garantissent plus un niveau minimum.
- Des examens devenus des formalités : un dossier, un oral de quinze minutes, un tampon.
- Des recruteurs qui ne regardent plus la ligne « diplôme » et vont directement chercher autre chose sur le CV.

Sur le terrain
Mohamed, TSSR en poche et toujours sans poste
Mohamed est titulaire d'un TSSR. Théoriquement qualifié, donc. Il cherche un emploi depuis des mois. Quand on regarde son parcours, les raisons sautent aux yeux :
- une formation presque sans pratique ;
- pas de stage significatif ;
- un jury qui l'a validé après une présentation de quinze minutes.

Ce qui m'inquiète davantage, ce sont les personnes qui arrivent avec un bac +4 en informatique et qui me demandent une formation pour apprendre les bases des réseaux. Elles ont le papier. Elles n'ont pas les compétences qui vont avec, et elles le savent.
Le paradoxe du financement
Ces formations RNCP sont le plus souvent financées par France Travail, les régions ou l'État. C'est une bonne chose pour l'accès à la formation. C'est un problème quand l'organisme touche son financement que le stagiaire trouve un emploi ou non. Le résultat est acheté d'avance ; la compétence, elle, n'est pas au contrat.

Ce qui compte vraiment sur le marché
Les certifications IT internationales
Face à ça, le monde IT a trouvé son propre système de tri : les certifications des éditeurs et des organismes du secteur.
- Cisco CCNA
- CompTIA (A+, Network+, Security+)
- Microsoft
- AWS et Azure
- LPIC
Elles sont devenues la référence pour une raison très simple : elles se ratent. L'examen est le même pour tout le monde, chronométré, avec des questions techniques et des scénarios pratiques. Personne ne peut appeler le correcteur. Et elles sont reconnues partout, pas seulement en France.

RNCP et certification IT, côte à côte
| Diplôme RNCP (TAI, TSSR, AIS) | Certification IT (CCNA, CompTIA, Microsoft…) |
|---|---|
| Reconnu en France | Reconnue dans le monde entier |
| Validé par un jury, sous pression au taux de réussite | Validée par un examen standardisé, identique pour tous |
| Souvent un dossier et un oral | Questions techniques et scénarios pratiques, chronométrés |
| L'organisme est payé, que tu réussisses ou non | L'examen coûte 200 à 400 € et se rate : il faut être prêt |
| Acquis à vie | À renouveler tous les trois ans : la compétence reste à jour |
| Référentiel national, révisé tous les cinq ans environ | Programme révisé par l'éditeur au rythme de la technologie |

Ce que voient les recruteurs
Mets-toi à la place de quelqu'un qui doit choisir entre deux candidats pour un poste d'administrateur réseau. Le premier a un bac +5 et aucune certification. Le second a le bac et un CCNA à jour. Le recruteur ne sait pas ce que le bac +5 sait faire. Il sait exactement ce que le CCNA garantit : le candidat a configuré des routeurs et des switchs, et il a passé un examen que beaucoup ratent.

Ce n'est pas une règle absolue, et un bon recruteur regarde aussi le parcours et l'entretien technique. Mais je vois régulièrement des profils sans diplôme traditionnel décrocher des postes réseau avec une certification bien maîtrisée, et des titulaires de bac +5 sécher devant un équipement de base. Le papier n'a pas la même valeur des deux côtés de la table.
Protéger ton avenir professionnel en IT

Quatre situations, quatre décisions
Tu as déjà un diplôme RNCP. Ne le dévalorise pas, il ouvre des portes administratives. Mais complète-le tout de suite par une certification internationale dans ta spécialité. C'est elle qui prouvera ce que tu sais faire.
Tu es en formation RNCP en ce moment. Va au bout. Et consacre ton temps libre à préparer une certification, TP à l'appui. Ne mise pas tout sur le titre national.
Tu choisis une formation. Regarde ce qu'il y a au bout : un jury interne, ou un examen d'éditeur que l'organisme ne peut pas influencer. Le RNCP peut être un complément, il ne devrait pas être l'objectif.
Tu recrutes. Arrête de filtrer sur le seul niveau de diplôme. Une certification à jour et un test pratique en entretien t'en diront plus qu'une ligne bac +5.
En résumé
Les diplômes RNCP en informatique ne sont pas tous mauvais. Mais ils ne trient plus, parce que le système qui les délivre est jugé sur son taux de réussite. Les certifications IT trient, parce qu'elles se ratent. Les recruteurs l'ont compris avant les organismes de formation.
Ils ne cherchent pas des collectionneurs de titres. Ils cherchent des gens capables de faire passer un ping, de comprendre pourquoi il ne passe pas, et de le réparer. Ça ne s'obtient pas avec un oral de quinze minutes.

À toi de choisir : un papier que tout le monde obtient, ou une compétence que quelqu'un a vérifiée.
Télécharger la carte des certifications IT
FAQs
Qu’est-ce qu’un diplôme RNCP ?
Le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) est un registre officiel français qui répertorie les diplômes, titres et certificats reconnus par l’État.
Pourquoi parle-t-on de dévaluation des diplômes RNCP en informatique ?
Le taux de réussite élevé, la pression institutionnelle sur les examinateurs, et un manque d’adéquation entre contenus théoriques et compétences réelles ont entraîné une perte de confiance des recruteurs.
Les diplômes RNCP sont-ils inutiles ?
Non, mais leur valeur sur le marché du travail s’est érodée, surtout si ils ne sont pas accompagnés d’une expérience pratique, de stages ou de certifications complémentaires.
Que recherchent les recruteurs IT aujourd’hui ?
Ils privilégient des compétences opérationnelles démontrables, des certifications internationales précises (Cisco, AWS, Microsoft), et une expérience concrète, souvent avant même le diplôme.
Pourquoi les certifications IT internationales ont-elles plus de poids ?
Ces certifications sont à jour techniquement, exigent un niveau élevé de réussite, sont très reconnues mondialement et valident des compétences immédiatement applicables.
Est-il possible de trouver un emploi en IT sans diplôme RNCP mais avec une certification ?
Oui, de nombreux profils avec simplement une certification comme le CCNA accèdent à des postes IT, notamment dans des PME, ESN ou start-ups.
Quelles sont les certifications IT les plus reconnues ?
Parmi les plus prisées : Cisco CCNA, CompTIA (Network+, Security+), certifications Microsoft, AWS Certified Solutions Architect, LPIC, et Google Cloud.
Que faire si je prépare un diplôme RNCP actuellement ?
Continue ta formation, mais complète-la par une ou plusieurs certifications IT internationales. Valorise aussi tes projets et expériences pratiques.
Comment choisir sa formation en IT aujourd’hui ?
Privilégie les parcours intégrant une ou plusieurs certifications reconnues, avec un bon équilibre théorie/pratique, et qui permettent de construire un portfolio concret.
Les diplômes RNCP ont-ils encore une utilité ?
Oui, surtout pour certains postes réglementés, concours publics, ou pour bénéficier d’un réseau académique. Mais ils ne doivent pas être le seul axe de ta stratégie carrière.